Que reste t-il ?

Que reste t-il ?
Mais pourquoi se sont-ils arrêtés devant la Pitié, ces emmanchés de flics ? Qu'est-ce qu'ils me mijotent encore ? Je ne leur demandais rien... J'étais juste avec mes pensées gaillardes à la vue des jolis cheveux de filles qui passaient. Je ne leur ai jamais rien pleurniché. Je garde tout pour moi...ou alors, des années et des années plus tard, sur le papier, là...parce qu'il faut bien arriver à tout raconter un jour ou l'autre...tout dire...Que ça vaut peut-être la peine. Savoir...
Tous ces morts qui m'accompagnent, les témoins de ma jeunesse...c'est sans doute une façon un peu ridicule, dérisoire de les faire revivre encore un instant bien fugitif dans un texte...ces quelques phrases imprimées en guise de stèles funéraires. Je commence à entraver la coupure...pas diable possible, ils ont tout manigancé, la grotesque et inutile fouille de mon corps...
Difficile d'analyser ce que je ressens, c'est à la fois douloureux et une espèce de joie. Oui, ils vont me retirer ce que j'aime, nous allons vers le pavillon, ils savent ou elle est...l'étage, la salle...le numéro du lit...celle qui m'anime. Dans quel état je vais la retrouver...dépouillée...Que reste t-il de son visage ? J'ai peur...Je vais affronter quelque chose d'atroce, de terrifiant...


Laurie K

# Posté le samedi 27 décembre 2008 12:13

Modifié le samedi 07 novembre 2009 19:15

A sa mémoire.

A sa mémoire.
Qui va se souvenir d'elle sinon moi...la seule, la dernière avec mon petit stylo feutre à écrire son nom sur mes cahiers. Les êtres s'effacent, on a beau conserver leurs rêves dans des caisses d'ébène, graver leur nom dans la pierre, ça ne dure que la vie des survivants... Le souvenir se garde au c½ur, dans un petit coin... le visage, l'image ne durera que ce que va durer votre existence... un passage, une passade de je ne sais quel dieu féroce. Alors, on s'accroche à son papier, on griffonne, on s'efforce de faire revivre. Une entreprise de fou, tout est déjà en charpie, tout s'enfloue, se déforme... une photo qu'on extirpe d'un carton jauni, brulé par le temps. Le papier ça meurt aussi, ça dure un peu plus que les roses...
Dans les films, on envoie le flash-back... l'héroïne mourante sort de son lit en toussant, crachotant le reste de ses éponges, une sublime musique accompagne sa frêle...frêle silouhaite... elle se glisse, déjà fantôme, vers la porte d'un grand salon et le coup de baguette magique du chef lui redonne l'éclat de ses dix-huit ans. Elle se contemple la jeunesse en robe à panier. ça virevolte autour, les beaux jeunes gens en officier de hussard, les autres mignonnes... les rires. Le tour est joué, cet amour va revivre son drame, son mélo, re-respirer ses camélias. Simple fiction... On ne revit jamais rien, on rafistole, on raccroche ceci cela...il faut faire marcher coute que coute l'histoire cause de déceptions, que le flonflon des froufrous, lui, il s'en fout. Du positif il veut, elle veut...
Surtout elle si difficile à satisfaire, capricieuse de nature et romantique au fond du fond, prête à chialer à mesure des lignes... des péripéties larme a l'½il.
Retourner au début, à cette fameuse lettre que j'ai écrite. Je retarde l'échéance de mon mieux, je n'y peux rien, je fais semblent. La reproduire serait sans importance, pourtant...On pressent d'un seul coup tout le reste, que la mort est déjà la...que tout ce qu'on va tirer entre temps ça sera pour la frime...la biographie...
Je m'éveille ou ? Au bord d'une route....avec mon cher griffon, peut-être mon premier amour...qui sait.


Laurie K.

# Posté le mercredi 25 février 2009 14:47

Modifié le mardi 03 novembre 2009 10:13

Ou es-tu ?

Ou es-tu ?

Il est des jours ou. Ils y a des choses dont. Et celles qui. Mais surtout pas ça. Non. Plutôt en crever. Il y a ces mots. Et ton sourire. Dans une marre de vacarmes, nous inonder, nous noyer encore. S'en aller parmi les Neptune nébuleuses. S'en aller pour oublier. S'en aller pour ne plus. Et si. A quoi bon. Ces nuits. Ces sourires narquois. Le bruit de tes pas. Et tu t'éloignes doucement, et je m'efface, lentement. Il y a ces politiciens, avides et cupides de leur avarice. Il y a les guerres d'Afrique, tout ce sang sur leur main, toute cette peine qui pullule et qui crache comme le sang qui éclate. Il y a ces pauvres malheureux, mendiants à nos portes, crevant sous la horde. Et puis il y a nous. Mais qu'a-t-on fait du soleil, je ne le trouve plus. Ou sont passées nos nuits angevines et la passion divine. Ou donc est allé l'espoir. Il me semble que tout. Non. Pourquoi tu crois que nous. Si. Alors quoi. Échec. Dis moi, ou sont passés ces près qui ont vu abriter tant de guerre, tant de nostalgie, tant d'amour. Ou est passé le bonheur qui nous lié doucement l'un à l'autre dans un monde pur. Je me souviens d'un champs de blé, de ta main dans la mienne, du soleil radieux, d'un avenir heureux. La peur me guette, oui, j'ai peur. Demain. Oui. Que serons nous. J'ai peur encore. Mais ou es-tu.
La nuit de ses bras glacées t'as enlevé dans les noirceurs abyssales ou les âmes en peine hurlent d'éclats à briser celles enchevêtrées, amoureuses. Nous sommes. Tout est sombre et soudain. Je cours seule dans un champs inondé, je m'enlise, ou sont passés nos épis de blés, ou sont passés nos moments dorés. Alors quoi. Adieu. Non. Plutôt crever. Et je cours, je m'enlise, un peu plus, ou es-tu. Lune hasardeuse qu'as-tu fait. Ta constance n'est égal qu'à ta lunatique. Rend le moi. De tes hauts air tu te permet, avec tant de volupté, d'enlever à tes maillons, ceux que nous aimons. Narquoise blanche. Inconstante lunatique. Que je te haïrai si je ne t'aimais. Tu m'as volé ma vie, mon coeur, ma pureté. Ta beauté malicieuse me rend malheureuse. Que de l'or dans tes yeux. Que de larmes as tu versé pour pourpré le ciel de tant de merveillosités. Dis tu crois. Non. Arrête. Et si on allait. Là haut. Chausser notre courage et voler sur l'espoir. Sur les dunes glacées près des cimes argentées visiter nos cieux. Et toutes ces étoiles seraient nos guides. Elles ont échouée, comme nous, ici. N'ont rien demandé. Rien fait. Elles amusent aux heures les plus sombres, dessinant de leurs contours incertains les lunatiques formes humaines ou mythiques qui ont peuplé ces décennies de martyres. Elles se jouent de nous. Mais au fond nous envient de notre inconstance. Fixes pour nous. Leur chute est celle d'un âme en peine qui de la haut voudrait voir des amours bien plus bas.
Et toi. Ou es-tu parmi tout ça. J'ai beau résonné. Je ne sais pas. Et ça me tue. Ou est passée ma vie. Ou est passé ta présence. Je ne sais pas. Je ne sais plus. J'essaye de ne pas. Et quand ça remonte. Pleurs à grosse goutte. Un jour nouveau. Dis. Tu reviens quand. A quand le bonheur. A quand, ma libératrice. Je ne peux. Tu sais. Là bas. Ce serait admettre tant de choses. Que toute petite je me suis jurée, de ne jamais aimer, surtout pas toi. Alors je t'attends. Toujours. Un matin à la porte. Une nuit voilée ou tu m'enlèvera. Une sortie ou je te rencontrerai. Mais ou es-tu donc. Parcours-tu le monde. A la recherche de la félicité.


Laurie K.


# Posté le lundi 23 février 2009 18:21

Modifié le mardi 03 novembre 2009 10:14

Le Royaume des Ombres.

Le Royaume des Ombres.

Est-ce une nécessité que je raconte tout ça ? Je me pose la question... J'aurais peut-être du vous écrire une histoire d'amour. Avec une fin roborative. Au lieu de vous embrumer les idées avec ma camarade. Il faudrait s'habituer à l'idée de la mort. On n'y arrive pas malgré tout ce qu'on peut écrire. Heureusement sans doute, mais si on n'est pas fauché par une bagnole en furie, un fractus de la cocarde pour les anciens combattants, un coup de flingue d'un vieux rival malfrat... On meurt par petits morceaux ... un ½il... le conduit auditif... les incisives qui se font la paire... les jambes qui s'attristent, la tronche qu'on a de moins en moins envie de se contempler dans un miroir.
On lit tout ça dans le regard des belles, elles vous devinent le corps recroquevillé par des inexorables outrages du temps.
Vous reste alors l'Académie pour les écrivassiers. J'ai beau avoir ½uvré de plume de mon mieux pour égayer la langue française... une épée qui ne peut plus servir à tuer l'ennemi. Il me semble d'ailleurs que mes origines délictueuses, toutes les fioritures judiciaires m'interdisent d'espérer une fin de règne dans le fauteuil du monde.
Je suis né comme un chien dans un jeu de quilles...
Quand je serai mort, qu'on me creuse un trou comme le fit maman dans le fond d'un jardin pour mon chien... un jardin ou les petites filles du village viendront chanter les jours des prix... Un jardin de mon c½ur d'où je pourrai voir la route... une torpédo s'arrêtera... en descendra une jeune, une très jeune femme, en robe courte, coiffée à la garçonne... un léger fantôme... rien que pour moi au royaume des ombres...


Laurie K.

# Posté le vendredi 19 décembre 2008 18:02

Modifié le samedi 07 novembre 2009 20:26